Concile consultatif sur la liberté religieuse : une mobilisation stratégique face aux défis contemporains.

Posted on Mars 26 2026

DIVISION DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE
Concile consultatif sur la liberté religieuse : une mobilisation stratégique face aux défis contemporains.

[Photo : Nelu Burcea, directeur PARL à la Conférence Générale de l’Église Adventiste du Septième Jour]
Accra, GHANA — Dans un contexte mondial de plus en plus marqué par des restrictions sur la liberté de conscience, les responsables des Affaires publiques et de la Liberté religieuse (PARL) de l’Église Adventiste du Septième Jour dans la Division de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (DAO) ont eu une importante rencontre consultative du 12 au 17 mars 2026 à Accra. Placée sous le thème « Intégrés pour la mission », cette rencontre stratégique a réuni les acteurs clés des 22 pays de la Division avec le soutien de la Conférence Générale.
Les réunions se sont tenues au siège de l’Union Fédération du Sud-Ouest du Ghana, en présence de personnalités de premier plan, dont Nelu Burcea, directeur PARL à la Conférence Générale de l’Église Adventiste du Septième Jour, accompagné de ses associés Elie Henry et Andy Im. Étaient également présents Dickson Sarfo Marfo, trésorier de la Division et président du comité départemental PARL, ainsi qu’Abraham Bakari, directeur PARL de la même entité et organisateur de l’événement.

Revenant sur cette rencontre, Nelu Burcea a relevé « la pertinence  des discussions et surtout la richesse issue de la diversité des contextes nationaux », soulignant que cette diversité constitue « un atout stratégique pour affiner les mécanismes de plaidoyer et adapter les réponses aux réalités locales ».

[Photo: Dickson Sarfo Marfo, trésorier de la Division et Abraham Bakari Directeur PARL de la Division]
Une réalité préoccupante : des violations persistantes
Au cœur des échanges figurait une réalité inquiétante : dans de nombreux contextes nationaux, bien que la liberté religieuse soit garantie par la Constitution, la pratique de la foi continue de faire face à des défis multiples.
Les participants ont dressé un tableau préoccupant de violations, incluant des persécutions, des enlèvements, des restrictions visant les femmes et les enfants, des problèmes liés aux jours d’inhumation et aux élections, ainsi que des contraintes académiques et professionnelles imposées le samedi — le sabbat observé par les adventistes. Des cas de violences physiques, psychologiques et économiques ont également été signalés, de même que des destructions de biens et, dans certains cas, des meurtres ou des menaces contre la sécurité des personnes.

Liberté religieuse : un impératif spirituel et humain
Tout au long des sessions, les participants ont été éclairés sur le concept de liberté religieuse, qui dépasse largement le cadre des droits humains fondamentaux. La liberté religieuse exclut toute forme de contrainte en matière de foi. Dieu, Créateur souverain, ne force personne à l’adorer.
Au-delà des considérations juridiques, le concile a fortement insisté sur la dimension spirituelle de la liberté religieuse. Dans ses présentations, Nelu Burcea a relevé que la liberté religieuse n’est pas seulement une garantie constitutionnelle, mais un principe sacré fondé sur le respect divin du choix humain. La protection de la conscience, a-t-il expliqué, est essentielle à la préservation de la relation entre Dieu et l’homme.
Il a en outre exhorté les participants à renforcer leur engagement dans les affaires publiques en « déverrouillant la porte intérieure » — en surmontant la peur, l’hésitation ou les limitations auto-imposées qui empêchent souvent les responsables d’interagir efficacement avec les autorités publiques. Il a également insisté sur l’importance d’organiser intentionnellement des activités PARL et de cultiver des relations significatives et respectueuses avec les dirigeants politiques et les autres acteurs religieux, dans une perspective d’influence à long terme.
Au-delà de l’identification des défis, les participants ont approfondi leur compréhension théologique et philosophique de la liberté religieuse.

[Photo: Séance de travail]
Thèmes et approches stratégiques
Des études de cas tirées de récits bibliques, de l’histoire et des réalités contemporaines ont permis d’illustrer les schémas de persécution et de résilience. Les intervenants ont également partagé des stratégies visant à renforcer la protection de la liberté religieuse, notamment par un engagement constructif avec les autorités politiques, les leaders d’opinion et les autres communautés religieuses.
Parmi les principaux thèmes abordés figuraient le lien entre liberté religieuse et mission, les relations entre l’Église et les autorités publiques, ainsi que des approches bibliques influentes. Une attention particulière a été accordée à la compréhension des contextes nationaux afin d’adapter efficacement les stratégies aux réalités locales.
Plusieurs questions majeures ont été examinées, notamment le lien entre la liberté religieuse et le mandat missionnaire et eschatologique de l’Église, la relation entre les Affaires publiques et la Liberté religieuse, ainsi que les moyens pratiques qui permettent d’influencer les dirigeants à partir de modèles bibliques. Les participants ont également été introduits au travail de l’Association internationale pour la liberté religieuse (IRLA) et de l’Association africaine pour la liberté religieuse (AARLA).

Questions sensibles : loi dominicale et œcuménisme
Les évolutions législatives sensibles, notamment celles liées à la loi dominicale, ont suscité une attention renouvelée à la lumière de rapports associés à la Heritage Foundation. Ces discussions ont mis en évidence la nécessité d’une vigilance constante et d’une expertise accrue dans un environnement juridique et sociopolitique en rapide évolution.
Andy Im a présenté une analyse actualisée à la lumière des tendances idéologiques contemporaines, en se référant notamment aux réflexions liées à la Heritage Foundation. Il a encouragé les participants à adopter une approche équilibrée, vigilante et contextualisée, soulignant l’importance du discernement sans tomber ni dans l’alarmisme ni dans la complaisance. Il a également participé à une visite spéciale dans une communauté musulmane à Madina pour une action de don avec l’Église Adventiste locale.
Dans une autre présentation, Elie Henry a apporté des clarifications importantes concernant la relation de l’Église avec les institutions internationales et les mouvements religieux. Concernant son engagement avec les Nations Unies, il a expliqué que l’Église coopère sur les questions humanitaires et de droits humains sans compromettre son identité doctrinale. Sur l’œcuménisme, il a mis en avant une posture de dialogue respectueux tout en maintenant l’intégrité théologique et la mission prophétique. Il a également présenté un « Pacte d’intégrité » destiné à être adopté par les dirigeants.

Rapports du terrain et réflexion historique
Les rapports des directeurs PARL des différentes unions ont offert un aperçu riche et diversifié des réalités nationales, témoignant d’un engagement croissant en faveur de la défense des libertés fondamentales.
En marge des sessions formelles, les participants ont visité le château d’Osu, ancien site de détention d’esclaves. Cette expérience marquante a rappelé les conséquences extrêmes du déni de la dignité humaine. Une visite du musée Kwame Nkrumah a conclu le séjour à Accra.
Les participants ont également effectué une visite de courtoisie à Alfred Okoe Vanderpuije, député et ancien maire d’Accra, illustrant l’intersection entre foi et service public.

Vision stratégique 2025–2030
Un moment fort du concile a été la présentation du Plan stratégique 2025–2030 par Abraham Bakari. Ce plan propose un cadre prospectif visant à renforcer le plaidoyer, le développement des capacités et l’engagement institutionnel dans toute la Division.
Il met l’accent sur la formation structurée des responsables, la documentation systématique des violations, l’amélioration des stratégies de communication et une collaboration plus étroite avec les partenaires nationaux et internationaux. Le plan vise également à intégrer plus intentionnellement la liberté religieuse dans l’agenda missionnaire de l’Église, afin de garantir des actions de plaidoyer proactives, coordonnées et durables.

Témoignages du terrain
Les témoignages des participants ont souligné l’impact de cette rencontre. Justice Livingstone T.C. Eruba, juge à la Haute Cour d’Aba et directeur PARL de l’Union de l’Est du Nigeria, a déclaré : « Je pense que cela a été une expérience enrichissante… J’ai été exposé à de nouvelles perspectives en matière de liberté religieuse… C’est un domaine très dynamique, non statique… de nouvelles approches émergent à chaque saison… » Il a ajouté : « Ce ne sont pas de petites personnes… ce sont des chefs d’entreprises… des pasteurs très expérimentés… des personnes aux expériences diverses. »
Paul C. Ananaba, avocat hors hiérarchie au Nigéria, a également affirmé : « C’est l’un des meilleurs concile auxquel j’ai participé… Nous sommes entrés dans les détails… Je crois que Dieu nous fortifiera lorsque nous retournerons dans nos champs pour former d’autres personnes… et susciter des dirigeants plus efficaces. »
Dans le même esprit de satisfaction, Solace Asafo, directeur PARL de l’Union hôte, a reçu une vision renouvelée et a loué Dieu pour la qualité et la profondeur des présentations.

Résolutions clés
Plusieurs résolutions importantes ont été adoptées pour répondre aux défis identifiés :

  • Organiser des initiatives de veille spirituelle à travers des « guerriers de la liberté » intercesseurs pour soutenir les persécutés et porter toutes les situations devant Dieu
  • Renforcer le plaidoyer institutionnel par un engagement régulier avec les autorités gouvernementales
  • Produire des rapports réguliers sur l’état de la liberté religieuse et proposer des réponses appropriées
  • Former les responsables et les membres de l’Église sur leurs droits fondamentaux et les mécanismes de protection
  • Développer des stratégies de communication proactives via les médias traditionnels et numériques
  • Encourager le dialogue interreligieux pour promouvoir la tolérance et prévenir les conflits
  • Soutenir les victimes par un accompagnement pastoral, juridique et psychosocial
  • Intégrer la liberté religieuse dans toutes les grandes initiatives missionnaires, notamment Africa for Christ et ONEVOICE27

Un appel à la vigilance et à l’engagement
À l’issue cette rencontre, une conviction s’est clairement dégagée : la défense de la liberté religieuse ne peut être dissociée d’une action coordonnée, éclairée et tournée vers l’avenir. Il s’agit d’un combat permanent qui exige compétence, unité et anticipation.
Dans une région où les tensions religieuses et sociales peuvent mettre à l’épreuve la coexistence pacifique, des initiatives comme ce concile à Accra constituent des plateformes essentielles pour promouvoir la paix, la justice et le respect des droits fondamentaux.
Plus qu’une simple réunion institutionnelle, ce concile a été un appel à la vigilance et à l’engagement — un rappel que la liberté de croire, ou de ne pas croire, demeure l’un des piliers les plus précieux de la société et doit être protégée partout et en tout temps avec détermination.

[Photo: Photo de famille]
Par Williams Paul Oboun Nyebe, directeur PARL pour l’Union Mission du Cameroun Centre-Ouest / Abraham BAKARI, directeur PARL, WAD.

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